LES JARDINS COEURDEROY

à Moutiers Saint Jean classé monument historique le 2 mars 1937

Dessiné à la demande du Président Coeurderoy, Maître des Requêtes au Parlement de Dijon, ce jardin aux portes monumentales fut réalisé à la fin du XVIIème siècle. L'architecture est fortement inspirée des Maîtres de la renaissance en particulier Philibert Delorme et l'italien Serlio. Opposition de rocailles à des éléments de pierre taillée. Couronnement en doucine à enroulements en frontone incurvés à volutes ou brisés. Certains éléments comme des boules posées sur des socles sont typiquement bourguignons. Situé en bordure du bourg de Moutiers Saint Jean, canton de Montbard en Côte d'or, le jardin s'étale de part et d'autre de l'ancien chemin de ronde qui contourne les remparts à l'Est du village.

La propriété actuelle reproduit sensiblement la disposition ancienne du jardin.

Une première partie est attenante à la demeure de l'ancienne famille Coeurderoy, datant du XVIIème siècle. A cette époque deux petits bâtiments enserrant un jardin, s'allongeaient perpendiculairement à la maison principale et se terminant par 2 portes aveugles monumentales. Aujourd'hui seul un bâtiment demeure, l'autre a été démoli à la fin du XIXème siècle.

Cette première partie qui comporte quelques beaux arbres et des massifs de fleurs forme une terrasse qui domine la deuxième partie séparée de la première par le chemin de Ronde.

Cette partie ne peut être visitée qu'en présence des propriétaires.
La deuxième partie est ouverte au public, les jours de fêtes à partir de Pâques ainsi que pendant les mois d'été, juillet et août.

La deuxième partie comprend deux pièces de terre dont les grands axes sont sensiblement perpendiculaires.

La première pièce close de murs est dominée par une tribune bordée d'obélisques quadrangulaires.

Au centre une porte monumentale, s'ouvre sur le chemin de ronde. Cette tribune est limitée à ses deux extrêmités par deux portes aveugles monumentales et flanquée de deux escaliers descendant sur un vaste terre plein bordé par un mur semi circulaire percée de trois portes monumentales s'ouvrent sur la nature.

L'autre pièce de terre, en contrebas, dont l'axe est perpendiculaire à la première, comporte une grotte artificielle ou nymphée voutée de rocailles, en cul de four. Face à cette grotte et au bout de l'allée centrale est située une dernière porte aveugle avec un banc de pierre.

Cette porte murée à la fin du XIXème siècle, devait à l'origine donner accès à une troisième partie du jardin (actuellement, propriété de la poste) située en contrebas qui se prolongeait jusqu'au grand mur de l'abbaye.

Plusieurs bassins reliés entre eux par des canalisations, dont les sondages ont révélé la présence rappellent l'existence à l'origine des viviers chers au Président Coeurderoy.

La trace d'un bassin, aujourd'hui disparu dans la première pièce laisse imaginer l'existence d'un jardin à la française dont on cherche à rappeler les grandes lignes par quelques plantations de buis.

Le long des murs la plantation d'arbres fruitiers en escaliers entretient celle qui a existé dès l'origine du jardin.